Voici quelques méditations de Shôsan...
Qui est il?
Suzuki Shôsan (1579-1655) devint moine zen à 42 ans et fut ensuite reconnu comme un grand maître spirituel. Tout imprégné de son passé de guerrier, il revendiqua et préconisa avec robustesse un bouddhisme viril, ferme et ardent, plein d'une "énergie vive", du "ressort de l'intrépidité", de l'"esprit du diamant", "libre et sans entrave". Surtout, très en avance sur son époque, Shôsan proposa une pratique du zen insérée dans la vie quotidienne, qui permettait de créer une synergie entre action et contemplation. Les accents avec lesquels, il y a trois siècles et demi, il mettait en garde contre les faux-fuyants du spiritualisme résonnent singulièrement à nos oreilles modernes.
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Lorsque les gens oublient qu'ils sont appelés à mourir, et agissent comme sils croyaient vivre éternellement, ils se montrent incapables d'apprécier les mois et les années qui passent.
Regardez-les donc! Leurs seules raisons d'être? Cupidité, colère et mensonge ! Ils confondent bonté et flatterie, sens de l'honneur et cajoleries. Qu'il s'agisse de la sociét ou de leur propre famille, ils manquent à tous leurs devoirs, négligeant à la fois leur travail et leur foyer pour succomber à d'inutiles penchants.
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"Moi, encore moi, toujours moi!" - cette pensée n'est autre que la racine profonde de notre misère.
Reconnaitre cet état de fait, c'est prendre le chemin de la raison, et montrer par là un authentique courage.
Car seule la parfaite équité est à même d'extirper une telle pensée.
Ceux qui se montrent incapables de reconnaitre la raison, ceux-là ne sauraient comprendre la source de la misère et du bonheur.
Ceux qui échouent à reconnaitre l'équité, ceux là ne peuvent trancher le fil de la vie et de la mort.
Réfléchissez bien à cet aspect des choses
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Selon qu'il maitrise ou non la réalité, l'esprit d'une personne ordinaire se partage entre des flux d'humeur enjouée et de flux d'humeurs sombres.
L'humeur enjouée constitue une voie vers l'éveil; l'humeur sombre conduit directement à la prison des sens.
S'il entend concentrer toutes ses aspirations vers la délivrance, l'adepte doit conserver une humeur enjouée nuit et jour.
Pour transcender le monde, l'humeur enjouée dispose d'innombrables moyens : courage d'esprit, insouciance quant à la vie et à la mort, gratitude envers les bienfaits que nous apporte la vie, confiance indomptable en ses progrès, conscience de la causalité, juste perception de l'impermanence et de l'irréalité des choses, attention accordée à la valeur du temps, vigilance dans la connaissance de soi, capacité à l'abandon, sens de l'autocritique, respect pour toute chose, pratique de l'équité, écoute des maîtres, bonté, compassion, droiture, honneté, réflexion,...
Cette humeur jaillit d'un esprit ferme et courrageux, à même d'abandonner toutes les formes d'attachement et de s'élever au dessus des choses. Ainsi, conserver un état d'esprit enjoué, c'est dépasser la souffrance quand bien même la mort vous saisirait brusquement.
Lorsque cette attitude courageuse devient une seconde nature, la citadelle du coeur tient bon et le pouvoir de la vertu affirme sa souveraineté. Si déroutants soient les phénomènes, ils ne sauraient altérer la fermeté de ce coeur.
En revanche, si vous succombez à la faiblesse en vous laissant pièger par les apparences, la confusion du monde prendra le pouvoir avec une force croissante, envahira votre nature, troublera votre esprit et vous fera perdre le controle de vous meme.
Innombrables sont les voies de l'esprit sombre : négligence, superficialité, impolitesse, indifférence aux conséquences, incapacité à saisir l'impermanence et l'irréalité des choses, désirs de gloire et de fortune, goût du luxe, doute et méfiance, entetement, timidité, avarice et cupidité, jalousie et envie, ingratitude, servilité, incompréhension de la vie comme de la mort.
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Méditez bien la dessus comme dirais Musashi :)
source :
http://www.lebujutsu.net/articles.php?lng=fr&pg=1723
Cleary, T. La voie du samourai : pratiques de la stratégie au Japon, Ed. du Seuil